Terre
de Feu,
ARGENTINE,
Terre
de solitude ou le violent vent gelé souffle constamment
et les moutons se serrent entre eux pour se protéger
du froid.
Terre
de Feu où les rares
arbres poussent tellement inclinés qu'ils semblent
embrasser la terre radine qui leur donne la vie et le feuillage
semble se faire arracher du tronc.
Terre
de Feu où les marins prient avant d'entamer le détroit
de Magellan ou de doubler Cap Horn, les superstitions peuplant
les eaux et les curs.
Terre
de Feu où les journées d'été sont
tellement longues que le soleil ne se couche presque pas et
les journées d'hiver tellement courtes que l'aurore se
transforme rapidement en nuit.
Terre
de Feu où la figure du " gaucho " est à
la frontière entre la légende et la réalité.
Terre
de Feu où les indiens Onas et Yaganes dominaient les
lacs et les montagnes et leurs arcs ne manquaient jamais la
cible.
Terre
de Feu, terre détestée, terre adorée.
Mais
même dans un endroit aussi insolite, une fleur a poussé,
" la fleur du Patchwork ".
A
RIO GRANDE, où j'ai grandi, 200 km au nord de la ville
la plus australe du monde, USHUAIA, la graine a été
jetée.
Au
mois de Juin, la mairie a organisé une exposition sur
les arts textiles et les quilts étaient au rendez-vous.
Mes
travaux ne peuvent pas rivaliser avec les chefs d'uvres
que nous trouvons dans les expositions françaises, mais
un séminole, des petites maisons et des étoiles
ont ouvert une brèche dans l'âme de mes concitoyennes.
Et la brèche n'est pas prête de se refermer.
Sollicitée
à plusieurs reprises j'ai organisé deux journées
de portes ouvertes et l'intérêt était vraiment
flatteur.
Même les journaux, la radio et la télévision
se sont intéressées au sujet et deux reportages
ont été présentés sur la chaîne
régionale.
Il
ne me reste plus qu'à arroser la petite fleur et à
remercier les quilteuses françaises auxquelles je dois
tout mon savoir faire.
Venez
me voir, la Terre de Feu sait accueillir les curs purs
des artistes